JADIS 

 

Nos ancêtres des 17ème, 18ème et début du 19ème siècle vivaient surtout du travail de la terre et de l’élevage. La famille, la plus petite cellule de la société, n’était alors qu’une petite communauté qui devait s’auto-suffire. A cette époque, et surtout à la campagne, les gens étaient totalement dépendants de leurs cultures,  de la bonne santé de leurs animaux. Une mauvaise récolte pouvait signifier la ruine et entraîner des conséquences dramatiques.

 

Fruits, légumes et céréales constituaient l’essentiel de la nourriture et leur garantissaient la survie durant les longs mois d’hiver.

Au 17ème siècle, la culture du lin et du chanvre se répandit dans la région. Des métiers à tisser apparurent et nombreuses furent les familles qui en possédaient un. A Puttelange, une fabrique de peluche de soie, indispensable à la fabrication des chapeaux haut-de-forme, s’installa. Dans un premier temps, des particuliers de toute la région effectuèrent ce travail à leur domicile. Ceci leur assurait quelques menus revenus supplémentaires leur permettant d’acquérir outils, vaisselle, textiles et autres produits divers que l’on ne pouvait produire soi-même.

Puis, alors que le système était bien rodé, une manufacture fut fondée en 1833 sous la dénomination : ‘‘Société Massing frères Huber et Compagnie’’.

En 1844, elle emploiera jusqu’à 1.400 ouvriers venant de toute la région. De nombreux farschvillérois se rendaient donc ainsi, chaque matin, à pied, sur leur lieu de travail. Mais en 1913, la manufacture fermera définitivement ses portes.

Notre village était aussi très réputé pour le travail de la vannerie. Des centaines de chapeaux de paille étaient confectionnés à domicile et se vendaient sur les marchés de la région.

 

Les animaux servaient de force de travail pour le labourage des champs et la traction des chariots. Chevaux et bovins représentaient une grande richesse. D’ailleurs, la hauteur du tas de fumier implanté devant la maison était très souvent le signe extérieur évident de la richesse de la famille.

Légumes, œufs, lait, fruits, topinambours et plus tard la pomme de terre constituaient l’essentiel de la nourriture quotidienne tandis que petit bétail et volailles assuraient une indispensable ressource en protides. Mais on n’affichait que peu souvent de viande au menu, exception faite des menus des grands jours de fête.

 

Du lever au coucher du soleil, nos ancêtres travaillaient dur. Les temps de loisirs et de repos étaient plus que rares. La messe et les vêpres du dimanche étaient, pour certains, le seul moment de détente, le seul ‘‘divertissement’’ dans une semaine. Même l’hiver, dans les granges, le travail se poursuivait par le battage des céréales destinées à la fabrication du pain. L’entretien des outils et des bâtiments occupaient la gente masculine.

A l’intérieur des maisons, le plus souvent dans la seule pièce chauffée, appelée le poêle,  les femmes s’adonnaient à la confection de repas, au tissage, au filage, au tricotage et au reprisage des vêtements usés ou déchirés.

 

Rythmées par la course du soleil, puis par la seule horloge du village, celle de l’église, les journées apparaissaient bien courtes. La vie tournait essentiellement autour de la nécessité de nourrir la famille et d’entretenir les biens, souvent hérités des générations antérieures.

 

Aujourd’hui, cette époque, pourtant pas si lointaine, nous semble difficile et bien peu enviable. C’était une époque où l’on ne se soignait qu’avec des plantes et où l’on pouvait décéder d’un mal sans aucune gravité. C’était une époque où l’Etat n’offrait aucune aide, aucune retraite, une époque où chaque famille ne pouvait compter que sur elle-même.

 

Et bien que nous ne trouvions rien à envier à nos ancêtres, ceux-ci étaient néanmoins riches. Ils étaient riches d’une valeur qui, aujourd’hui, nous est presque étrangère, mais qui, jadis, était plus que la norme ; elle leur était indispensable : elle se nommait et se nomme encore solidarité.

 

 

Un vieux chant de Farschviller nous conte le travail de la vannerie.

 

Der Palmierhut

 

Liewes Kättel, liew den kläne Palmierhut,

Liew den Mann, der ne so hibsch jo dret,

Dem sin Herz, so glicklich un so frohgemut

Dag und Nacht elän nur fa dich schlet.

 

Aefach isch der Hut us Palmier nur gemacht,

Uff dem Plaschter schpielt der Sonneblick.

Inner sinem kläne Blatt so frindlich lacht,

Din un mimer liewe ewges glick.

 

Un wi schen e rotes Bändchen ne umgibt,

Das so nett sich im de Kopp rim leyt,

Sine Farv sat wie sehr das Herz dich libt,

Das dort drinner sich des lebes freyt.

 

Billig isch des Hut und doch van grosser Wert,

Ischt a bischen krumm des Blattes Rand,

Blibt er mir uff ewge Zitte hoch geehrt.

 

Weil geschenkt hat mir din Engelshand.

 

UN DROIT DE JUSTICE 

 

Dans un écrit du Parlement de Nancy, daté du 4 avril 1772, il est fait mention de ce que les villages de Farschviller et Cappel possédaient un droit de rendre justice depuis déjà près de 400 ans. Ce droit dépendait des seigneurs de Sarrebrück.

 

Les crimes et les délits commis dans ces 2 villages étaient soumis à la justice locale et jugés sur place. La torture et les mises à mort y étaient également exécutées jusqu’à l’avènement de  Louis XIV.

Les exécutions avaient alors lieu sur l’ancienne route reliant Johannesweiler à Farschviller. Les cartes mentionnent encore à ce jour une parcelle portant le nom de « Galgen » (ce qui signifie potence).

 

Les autres localités avoisinantes, ne possédant pas ce droit, devaient livrer leurs coupables au tribunal de Puttelange.

 

Le représentant de la justice, en résidence à Puttelange, se rendait à Farschviller toutes les quinzaines, afin de consulter les cahiers de doléances et de rendre les jugements. Les audiences se tenaient le plus souvent dans la maison du greffier local, ou celle de Michel ALLARD, étant certainement l’une des plus grandes du village.

Le tribunal, dénommé Haute Cour de Justice de Farschviller et Cappel, se composait d’un juge, de 2 procureurs officiels (faisant office d’avocat pour chacune des parties) et d’un greffier. 

 

Nous possédons tous les procès allant des années 1734 à 1790, période à laquelle la  Haute Cour de Justice de Farschviller et Cappel  a cessé de siéger. Durant toutes ces années, cette dernière a été appelée à juger de cas les plus divers, allant de problèmes issus des partages d’héritage, de mises sous tutelles des enfants mineurs d’un parent décédé, aux déclarations de décès, de tensions de voisinage, de contrats, tant verbaux qu’écrits, non respectés, d’inventaires faits après un décès, de malversations diverses et autres litiges.

 

Les actes portés à notre connaissance nous ont permis de connaître l’identité de ces acteurs :

 

-        Le Juge Garde :

BREM –TAFFIN - HENNESSIENNE

-        Les procureurs : 

François DOMERS, père et Philippe Jacques DOMERS fils,

Maître DOR, Maître LAMOTHE, Maître Laurent HERMANNY, Maître STOCK, Maître BARTHE du bailliage Royal de Sarraguemines,  Maître WELTER, Maître KIPPERT, Maître WEBERT,

-        Les greffiers :

 GENEVAUX, Maurice KAYSER, Etienne RAVENNEL et ……

 

LES  CONJOINTS VENUS D’AILLEURS

 

En consultant les registres communaux ou paroissiaux, on s’aperçoit que, jusqu’au 19ème siècle, les patronymes perduraient de génération en génération : la plus part des couples étaient originaires du village, voire quelquefois des environs. En effet, à cette époque, on circulait peu. Seuls des habitants de Cappel ou d’Ellviller venaient régulièrement, chaque semaine, à Farschviller pour assister aux offices et messes. Pour eux, ces déplacements représentaient l’une des rares possibilités de rencontrer un ou une futur(e) partenaire et, en conséquence, de fonder une nouvelle famille.

Cependant tout cela n’était pas une règle en soi : dans certains métiers, on pouvait rechercher son conjoint dans des villages plus éloignés où l’un des habitants exerçait la même activité, comme, par exemple, les meuniers, les chaudronniers ou les forgerons.

 

Puis, peu à peu, alors que l’on construisait le chemin 24, actuellement rue principale qui relie Forbach à Puttelange, on vit apparaître des voyageurs ou commerçants de passage, séjournant régulièrement ou occasionnellement dans les quelques auberges du village. Certains d’entre eux ont alors trouvé l’âme sœur à Farschviller. De nouveaux patronymes sont alors apparus tandis que certains autres, présents depuis toujours, disparaissaient.

 

Mais c’est surtout à l’issue de la première guerre mondiale et bien plus encore avec le retour à une vie normale dans les années 50, avec la fin de la seconde guerre mondiale, dès lors que les personnes pouvaient se déplacer plus facilement et plus rapidement avec les nouveaux moyens de transport apparus, pour le train, dès la  seconde moitié du 19ème siècle, et pour l’automobile, dès le début du 20ème siècle, que les familles se sont constituées hors les limites du village, amplifiant la mixité et la diversité des patronymes de Farschviller.

 

Toutefois ce rappel à l’histoire de notre village présente des exceptions qui ont été relevées dès le début du 18ème siècle.

 

  • En 1715, BAUMANN Magnus, maçon originaire de KORUS dans le Tyrol, épouse WAGNER Anne Elisabeth de Farschviller.
  • En 1757, HAGNIOS Antoine, tisserand, originaire de VILLINGEN en Forêt Noire, épouse PORTA Anne, native d’Ellviller, mais résident à Farschviler.
  • En 1805, NAGASSE Jean-Adam, coupeur de bois,  originaire de BILDSTOCK en Prusse, épouse GLAD Suzanne de Farschviller.
  • En 1808, BRAUN Mathieu, chaudronnier originaire de LORENTZBERG en Belgique, épouse THIRION Anne-Marie de Farschviller.
  • En 1820, MICHEL Christophe de Farschviller, épouse NONNENMACHER Louise, native de BERG dans le Bas-Rhin.
  • En 1862, GLAD Georges de Farschviller, épouse NONINGER Thérèse Françoise, originaire de UNTERSCHNEIDHEIM, dans le Royaume de Würtemberg.

 

 

LES DIVORCES

 

Depuis les années 1960, en France, le taux de divorce n’a cessé d’augmenter.

Au temps de nos grands parents, les divorces restaient extrêmement rares. 

 

Jusqu’au 18ème siècle, le mariage était essentiellement une institution qui assurait un certain ordre social, donnant aux enfants un père légitime et aux parents ‘‘une assurance-vieillesse’’.

Le travail du couple, combiné à celui effectué par les enfants, permettait de vivre, voire de survivre, dans une société où n’existait encore aucune retraite, ni aucune assurance et où tous les soins médicaux étaient totalement à la charge des patients.

Vivre, survivre demeurait donc la seule priorité des familles et surtout la seule priorité des femmes dont le statut était fragile.

 

Les mariages fondés sur ‘‘l’intérêt’’ résistaient mieux au temps que les mariages basés sur l’amour (en tout état de cause, la notion d’amour ne vint s’immiscer dans l’institution du mariage que vers le début du 18ème siècle).

‘‘L’intérêt’’ est aussi l’une des raisons qui peut expliquer, pourquoi, aux 18ème  et 19ème siècles,  les divorces restent exceptionnels.

Par ailleurs, les femmes n’ayant pas d’activités rétribuées, il leur était difficile, voire impossible, de quitter le domicile de celui qui leur assurait l’existence.

Et à une époque où, dans nos campagnes, tous se connaissaient, se fréquentaient, étaient tous plus ou moins apparentés, lourde était la chape du ‘‘qu’en dira-t-on’’.

 

Toutefois, on retrouve dans les registres quelques rares divorces. Si les motifs n’y sont pas consignés, on peut supposer que les raisons étaient d’importance.

 

·       Ainsi, Anne-Marie SCHWARTZ, née le 18 juin 1846 à Farébersviller, épousa le 15 avril 1874, Jean MICHEL de Farschviller. Deux enfants naîtront dans cette famille. A la mort de Jean, elle épousa Nicolas WILMOUTH, mais ils divorceront quelques années plus tard.

 

·       Le 22 novembre 1871, Pierre PIERRA, né le 19 janvier 1844 à Grundviller, journalier de profession, épousa Anne-Marie GEISLER, à Farschviller. Les époux divorceront le 25 août 1878.

 

·       En 1925, André THIER, né le 24 septembre 1873 à Farschviller, épousa en secondes noce Marie CHARTAGNA, après avoir divorcé de Marie-Florence GUGELMANN.

 

 

LES MAIRES DE FARSCHVILLER

 

Alors que la notion de ‘‘commune’’ apparaît dès le XIème siècle, celle de maire n’apparaît qu’au XIIème siècle.

Le maire était alors celui qui administrait le village pour le compte du seigneur.

 

·       A la fin du XVème siècle, les maires achètent leur charge, pour 2 années.

·       En 1692, un Edit Royal supprime cette pratique et crée les ‘‘offices de maire.’’ Ils sont élus pour une année par les habitants du village et confirmés par le seigneur local.

·       Sous la Révolution, les maires sont élus au suffrage direct pour 2 ans ; ils sont rééligibles.

·       Par la constitution du 13 décembre 1799, les maires sont nommés par le Préfet.

·       Sous la 2ème République et le Second Empire, dans les communes de moins de 6.000 habitants, le maire est élu par le Conseil Municipal. Toutefois, dans les autres communes, le maire continue à être nommé par le Préfet.

·       A compter de 1871, le maire est élu  par le Conseil Municipal, exception faite des villes chefs-lieux et des villes de plus de 20.000 habitants.

 

·       C’est la loi du 5 avril 1884, sur l’organisation municipale, qui établit le principe de l’élection du maire et des adjoints par les conseils municipaux.

A ce principe, il convient de noter les exceptions suivantes :

-        les dispositions du Régime de VICHY par lesquelles les maires des villes de plus de 10.000 habitants sont nommés,

-        et la ville de PARIS qui n’élit son maire que depuis 1977 (le 1er maire alors élu fut Jacques CHIRAC).

 

Ladite loi de 1884 établit également la durée du mandat du maire qui est alors de 4 années. Le 10 avril 1929, cette durée sera alors portée à 6 ans (qui demeure l’actuelle durée du mandat de nos élus municipaux).

 

 

Un hommage tout particulier doit être rendu, tant aux anciens élus de notre village, qu’à ceux que nous avons connus et qui ont œuvré ou oeuvrent encore à ce jour au bien-être de nos concitoyens :</